Labellisation : Qui peut délivrer ce label ?

Un label n’est pas un simple autocollant apposé sur un emballage : derrière chaque sigle, se cachent des procédures complexes, des acteurs multiples et, parfois, quelques zones d’ombre. L’attribution d’un label officiel exige un organisme accrédité, soumis à des règles strictes issues de normes nationales ou européennes. Pourtant, la réalité du terrain révèle une mosaïque moins homogène : des labels fleurissent hors de tout cadre institutionnel, portés par des associations ou des sociétés privées.

À défaut de règles partagées, il devient difficile de s’y retrouver parmi tous ceux qui distribuent ces distinctions. Le risque ? Voir émerger des situations ambiguës, surtout quand l’évaluateur entretient des liens économiques avec ceux qu’il labellise. L’absence de frontières claires pose alors la question de l’impartialité, et de la confiance que le public peut accorder à ces labels.

Pourquoi la labellisation est-elle devenue un enjeu incontournable ?

La labellisation s’impose pour bon nombre de produits et services hexagonaux. Face à une attente accrue de transparence et de garanties, notamment dans l’alimentaire, la France a mis en place un système unique de signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine. Ces repères, bâtis sur des cahiers des charges détaillés, mettent en avant l’origine, le mode de production, ou encore les engagements durables.

Le consommateur, noyé sous une avalanche d’offres, cherche des repères fiables. Des labels comme Label Rouge, Appellation d’Origine Protégée (AOP), Indication Géographique Protégée (IGP) ou encore Origine France Garantie remplissent ce rôle. Ils font le lien entre producteurs et consommateurs, rassurent l’acheteur et permettent au produit de se démarquer. La France, avec la richesse de son agriculture, se démarque par la variété de ses certifications, véritables leviers à l’export et atouts de différenciation.

Mais la labellisation ne se limite pas aux champs ou aux ateliers. L’industrie, les services, ou encore les démarches de responsabilité sociétale cherchent aussi à décrocher ces distinctions. Derrière cette course au label : la volonté de structurer des filières, d’assurer des standards, de soutenir les exportations, mais surtout de renforcer la confiance dans un univers économique où la réputation se construit sur des preuves concrètes.

Processus de labellisation : étapes clés et critères à connaître

Le chemin vers la labellisation ne s’improvise pas. Tout commence par la rédaction d’un référentiel : ce document technique pose les exigences à respecter, qu’il s’agisse de qualité, d’origine, de procédés ou de responsabilité sociale. Pour les signes officiels français, l’INAO pilote la définition et l’application de ces cahiers des charges, pilier de la cohérence nationale.

Une fois ce cadre posé, l’étape suivante s’appelle l’audit. Les organismes certificateurs n’interviennent qu’après avoir reçu l’accréditation du Cofrac (Comité français d’accréditation). L’INAO délègue alors la vérification à ces experts pour contrôler le respect des critères établis. Après la mise en marché, la DGCCRF veille à la conformité des allégations affichées.

Pour des labels sectoriels comme Services Publics +, l’évaluation se fait par paliers : Bronze, Argent, Or. Voici les principales conditions à remplir pour accéder à chaque niveau :

  • Pour le Palier Or : 90/100 à l’enquête usagers, 80/100 en audit d’engagements, 80/100 en enquête agents, sans oublier des critères avancés pour le management de l’amélioration continue.
  • Le label est attribué pour trois ans, sous le regard d’un organisme agréé par une commission nationale dédiée.

Les démarches RSE ou la certification à une norme ISO suivent une logique analogue : référentiel précis, évaluation indépendante, et validation par un organisme accrédité. La labellisation exige donc rigueur, vérification, et transparence à chaque étape.

Qui sont les organismes habilités à délivrer un label ?

Sur le terrain de la labellisation, la légitimité ne s’improvise jamais. En France, l’attribution d’un label officiel, de l’agroalimentaire à la responsabilité sociétale, répond à une architecture réglementaire stricte.

Le principe est limpide : seul un organisme certificateur accrédité peut délivrer un label. Cette accréditation est l’affaire du Cofrac (Comité français d’accréditation), la seule instance reconnue pour attester des compétences et de l’impartialité de ces organismes. Pas d’accréditation, pas de label. L’INAO, pour l’agriculture, supervise la rédaction des cahiers des charges et délègue le contrôle à ces organismes accrédités.

Pour certains dispositifs, la gouvernance s’ajuste. Le label Services Publics +, par exemple, s’appuie sur la commission nationale du label Services Publics + présidée par le délégué interministériel à la transformation publique. Seuls les acteurs sélectionnés par cette commission peuvent auditer et accorder le label, valable trois ans.

Ce système garantit l’indépendance des audits et la fiabilité des certifications. Label RSE, certification ISO, signe officiel d’identification de la qualité : tout passe par un organisme reconnu, validé et contrôlé.

Trois professionnels échangeant un certificat dans un hall

Labels et certifications : comprendre les différences pour mieux choisir

Faire la distinction entre label et certification ne relève pas d’un simple jeu de mots. Un label, qu’il soit d’origine publique ou privée, signale l’adhésion à un cahier des charges, souvent axé sur des critères qualitatifs ou éthiques. La certification, de son côté, acte une vérification formelle par un organisme accrédité, sur la base d’une norme précise.

Les signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine illustrent cette diversité. Le Label Rouge se concentre sur la qualité supérieure, que ce soit pour le poulet, le bœuf ou le saucisson. Le label AB Agriculture Biologique garantit un mode de production respectueux de l’environnement, du champ à l’assiette. Les AOP/AOC (appellation d’origine protégée ou contrôlée) et IGP (indication géographique protégée) rattachent le produit à un territoire et un savoir-faire, à l’image du Comté ou du jambon de Bayonne. La STG (spécialité traditionnelle garantie), elle, protège la recette plus que la provenance, comme la mozzarella ou la moule de bouchot.

Côté services, le label Services Publics + vise l’amélioration continue et la satisfaction des usagers. Ici, la matière première, c’est la qualité du service rendu.

Pour clarifier :

  • Label : une marque de distinction, souvent sectorielle, reposant sur des critères définis.
  • Certification : une attestation délivrée après audit, basée sur une norme ou un référentiel précis.

La nuance oriente le choix, selon l’objectif visé : mettre en avant une origine, valoriser un engagement sociétal ou démontrer la conformité à une norme. À chacun la voie qui correspond à ses ambitions ou à ses attentes.

À l’heure où la confiance ne se décrète plus, la distinction entre label et certification fait la différence entre simple promesse et véritable engagement. À qui remettre sa confiance ? La réponse, désormais, se lit entre les lignes des référentiels et au détour d’un logo.

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